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15/06/2018

7- LE DIABLE N'ARRIVERA PAS A COMPOSTELLE...

 

 II. Ferdinand n'en déplaise aux bien-pensants .

 

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Durant tout le Moyen Âge, tout bon chrétien qui s'y croyait, se devait de faire

trois pèlerinages dans sa vie. Rome, sur le tombeau de Pierre et Paul, le Saint

Sépulcre, et enfin Compostelle. Ce pèlerinage est né de la découverte, vers l'an 800,

du tombeau de Saint Jacques, frère de Jean et grand martyr de la chose chrétienne.

 Dans une sorte de mission impossible (version Luc Besson) en guenilles, il avait été dit à Jacques:

 " Votre mission, si vous l'acceptez, sera de prêcher la bonne parole du Christ"

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En cas d'ennuis, etc...(en gros, tu te démerdes avec les païens, les hérétiques,

qui ne te voudront pas que du bien) Rentré en Palestine, il fut rapidement décapité ( oui, déjà à cette époque ce pays était berceau de misère et de violence) sous l'ordre du roi Agrippa.

Ce païen encore moins encombré de manière que Poutine, fit jeter son corps aux chiens (qui en ces temps antiques, ne connaissait  pas encore l'usage du Frolic, ou encore moins celui du Royal Canin)

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Ses restes, les morceaux, furent recueillis par ses compagnons de route et embarqués sur les côtes de Galice ...

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Voilà, le minimum d'histoire, que quelqu'un qui désire se rendre à Compostelle se doit de savoir, en pouvant l'étendre jusqu'à la connaissance des mouvements anarchistes Galiciens, en 1930.

Les sombres crétins politiques, qui sabrent aujourd'hui l'enseignement de l'histoire, ne méritent donc que mépris, tant cette matière, cette discipline, cet acte de vie, est nécessaire à l'homme pour faire sa route personnelle ou celle de Compostelle, entre le bien et le mal, entre la terre et le ciel …

 En effet, l'ignorance crasse de l'histoire des hommes n'est bonne qu'à produire des abrutis de premiers plans, incapables de reconnaître les autres, de les appréhender, de les comprendre...

Je m'appelle, Ferdinand Guérin, je suis un retraité, ouvrier-paysan-hédoniste, et libre penseur. Un «aquaboniste» oui, rompu  au commerce des hommes mais qui croit aussi aux forces de l'esprit. Trop paresseux pour devenir quelqu'un d'autre, je reste l'adolescent ébloui de la lecture de la vie jusqu'au-boutiste, des anarchistes.

Ma juvénile apostasie, cachée puis librement assumée depuis ne s'est jamais démentie. Je me rends, sans craindre cette contradiction ou ce ridicule moutonnier, au Puy en Velay pour cheminer à pied, par la voie lactée, jusqu'à Compostelle...

 D'aussi loin qu'il m'en souvienne de ma vie, qui va en s'épuisant , l'injustice sentie, entrevue, imaginée aura été déterminante de ma pensée adolescente, adulte et vieillissante.

 Le temps des jeunes gens, une mèche toujours retombant dans les yeux comme le poète, il me vint aussi, comme un saisissement : la révolte de découvrir, un monde régi par des salopards.

 Tout ceci, plus quelques bagages, m'entrainant tout naturellement à l'extrême idéalisé par l'histoire des anarchistes. Les libertaires, les enragés, les théoriciens de ce courant malmené : Ravachol, Auguste Vaillant, Blanqui, Proudhon, Max Stirner, combien d'après midi, de soirée, plongé dans les livres, comme une traversée, que je devinais indispensable vers mes fondements futurs.

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La lecture, celle qui m'a permis, comme à beaucoup, de ne pas perdre pied dans le réel, c'était la réponse à mes curiosités me sortant de l'enfance...

 

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L'ignominie des hommes, à dix sept ans, il ne doit pas être dans la normalité de dévorer toute la littérature sur l'univers concentrationnaire nazi, à faire de même avec les courants anarchistes, pour aller ensuite vers les auteurs maudits pour se repaitre de Sade, Céline, ou Vian, en cherchant plus tard une autre lumière dans la poésie...

 

 

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Anarchiste insupportable aux autres et à moi-même, aucune évolution dans ma vie, au contraire, une radicalité que je tais le plus souvent, encore aujourd'hui, à mon entourage, souvent effrayé, tellement elle est entière, presque irresponsable.

 A soixante ans, le monde que je ressens est tellement parfois de laideur insupportable, que je le marine seul, dans ma tête, sans jamais rien échanger de mes envies de bastons, de «jambisations», d'attentats, voir de meurtres...

 

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Admettre que certains d'entre nous : - patrons voyous, marchands d'armes ou de sommeil, commerçants margoulins, maquereaux ou publicitaires comme deux inutilités pareilles, managers froids démolisseurs, cyniques traders, sournois violeurs, empoisonneurs malfaisants de l'eau, et de la terre, commerciaux de Monsanto, escrocs voleurs de grand-mères, éditeurs véreux à compte d'auteurs, (vous pouvez bien évidemment aller chercher un verre d'eau avant de finir la lecture de cette interminable phrase! ) crétins bouchés racistes au quotidien, trous-du-cul au ventre encore fécond de la bête immonde, exploitants divers des misères humaines, politicards ripoux usuriers ou...bien pire encore tortionnaires, seraient mieux, sans plus attendre, et de manière discrètement provoquée, six pieds sous terre...

 

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Cette réflexion d'une vie, ce constat, cette funeste conclusion un brin radicale est impossible à partager, en réunion, en famille, dans un confessionnal, ou dans un colloque socialiste décontracté.

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Peut-être, heureusement, partout trop de feu et de sang, pour avoir éternellement à recommencer, comme toujours, la triste et vaine histoire de l'humanité...

 

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Parfois, il me vient des questions sur ma normalité. Pourquoi aux  trois quarts d'une vie, cette haine cramponnée à l'absolu encore en moi, exacerbée, contre les «salisseurs» privés ou institutionnalisés d'humanité ? Dans la chambre froide des grandes espérances de ma jeunesse, comme un oubli conservé dans la glace, ma rage d'antan...

Le damné, près de chez moi, ou à l'autre bout de la terre, à Kartoum, Grosny, Gaza, où que tu sois, mon frère, ta misère est en moi, comme un lent cancer, chaque jour, dans mes pensées.

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Bien sûr, aussi tu me fais peur, quand je te vois parfois, suivre des lunes, des dieux marchands de vierges ou de soleil trompeur, des drapeaux tachés, des guerriers emplis de fiel, des dictateurs...

 

 

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Dans tes yeux, ce vide, ce trou béant des lacunes, celui de n'avoir jamais été respecté, et encore moins aimé, cette irréparable infortune, c'est fou comme je la ressens, comme je la devine...

 

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Et souvent, il me vient, par des soubresauts pas loin du cœur, l'envie dans mes bras de te serrer, tout en sachant, que les tiens, las, désespérés, pourraient aussi, un jour noir bourreau, m'étrangler...

 

 

Polycarpe ( Christian Cornier)

La suite la semaine prochaine.

10:44 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

08/06/2018

6- LE DIABLE N'ARRIVERA PAS A COMPOSTELLE...

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Sa décision est bien prise, il va enquêter sur cette sombre histoire de famille qui traine ses fils poisseux dans la vie de chacun de ses membres. Puis enfilant ses baskets, il part courir le long du Brevon, cette belle rivière ombragée qui traverse la vallée.

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L'effort, la solitude étant devenu chez lui, comme une nécessité,rarement, il dérogeait à cet exercice. Adrien en ressentait depuis longtemps, comme le besoin d'évacuation le plus adapté à ses nervosités ou à ses angoisses métaphysiques.

 

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La gare de Thonon est toujours aussi belle. Adrien a eu du pot.

Le stop à la sortie de Bellevaux, vers chez Maurice, la deuxième auto.

 

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Une femme aux abois, de cent vingt kilos, le pied au plancher, qui hurlait :

 

 - il a tout gâché ce con, de mon temps... Ma jeunesse à pleurer, et ma libido minée, avec tout le reste. Mais cette fois, c'est décidé, je fous le camp !

 

 

 

Et Adrien pourra prendre le train de 13h 47. Dans le peu de bagages, le  cahier manuscrit de son grand-père qu'il s'est gardé de commencer, pour pouvoir le lire à loisir dans le train, un slip de rechange, deux chaussettes dépareillées, et l'adresse du journal où travaille la petite, qui s'appelle Colette et qu'il imagine gironde.

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Dans le train régional désert, Adrien sort le cahier, allonge ses pieds et se plonge entier dans l'univers du voyage de son grand-père:

 

 

 

« Mon voyage à Compostelle»

Etonnant !

Le récit tient  sur la moitié du cahier, et dans le ressort des morceaux de feuilles, comme si des pages avaient été arrachées  sans ménagement, ensemble...

Et c'est dans un tunnel, retardant sa lecture, qu'une parole de Ferdinand lui revient tout à coup en mémoire. C'était lors d'une promenade, le long de la rivière (le Brevon) une fin d'automne, un de ces derniers moments partagés, avec ce toujours curieux grand-père.

 - Tu sais... mon petit Adrien, je n'ai jamais été en paix ! Il faut que toi, tu le sois, ce serait bien, ce serait mieux. Si tu savais, comme ta vie m'est précieuse.

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Le tunnel de Vuache est passablement long. Adrien a du temps pour revenir sur cette phrase ancienne qui ressurgit de sa mémoire, à ce moment précis où il part à la rencontre de l'histoire de cet homme énigmatique, son grand-père, Ferdinand Joseph Guérin...

 Et si son retour entrepris sur le passé de cet homme avait comme point de départ déclencheur cette phrase toujours restée troublante, dans l'esprit de l'enfant qu'il était encore dix ans plus tôt ?

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 La lumière du jour, réapparait dans le compartiment de la micheline.

La paix d'un homme, d'ailleurs, c'est quoi ? Et cette interrogation mémorielle laissée, comme beaucoup d'autres, dans un tunnel. Adrien, le cœur serré, retrouve le récit de son pépé, cet homme qui n'avait jamais eu peur des autres et des jugements.

 

 

 

 

 

Il lui avait même été rapporté, qu'une morne bigote de sa vallée disait, il y a deux ou trois ans, la mine grave, en parlant de lui, cette irrémédiable phrase enveloppée en forme de vacherie :

 

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 - Ferdinand, Ferdinand Guérin.. ah oui, je le connaissais bien, depuis tout enfant, il aurait mangé le diable avec ses cornes...

 

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Polycarpe ( Christian Cornier)

La suite dimanche prochain.

11:11 Écrit par Polycarpe dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

07/06/2018

TOURNEZ CHEVRE...

 
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J'sais pas si vous êtes comme moi, mais vivement la fin de ce temps de punk à chiens, de cette foire d'empoigne social qui ne mène à rien, de ce souk du quotidien, de ces puissants qui se comportent comme des boucs avec la planète, avec le manant et surtout avec le féminin, à la publicité, aux réseaux, aux managements : tous ces outils pervers aux mains des gros malins...

La vache, j'en ai assez, je suis en train de tourner chèvre un peu plus, obligé pour oublier de prendre à la mâche et en surplus de l'herbe et pas que du regain trop dépourvu, on le sait bien, en THC.

Je ronge mon licou, aussi mon frein, qu'elle monde de fou, qu'elle monde immonde de rien... Cher monsieur Seguin, désormais les loups frayent en meute sans frontières, ni besoin de nous courir derrière au train...

Ils scrutent les proies, et patiemment attendent dans leurs buildings de verre, les moments opportuns, pour fondre sans pitié sur le marché ( sciemment voulu et organisé par la loi) de crétins plus ou moins et diversement manipulés.

Alors toi aussi, mon ex, mon maître balourd... ne fait pas trop le malin... sur ton dos comme jadis perplexe sur le mien, ta liberté, et celle chérie de tous les tiens... ils sont bien, et c'est pas peut être mais tout autour, en train et toute crue, de te la bouffer...

                                                                                    Polycarpe ( Christian Cornier)

12:42 Écrit par Polycarpe dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |