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09/03/2018

III - LA RETRAITE A L'ABBAYE DE HAUTECOMBE, NOUVELLE FORMULE

 


 

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Caput Summary ante :

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Bien sûr que je le vois de loin, le genre... Le votre Madame, et le tien Monsieur,  j'y viens...

C'est le genre a avoir loupé les deux premiers épisodes, et de vouloir coûte que coûte, prendre sans douter de rien, en gare marchandise de Sébeillon, l'arrière train du Lausanne/Genève en marche et ce, en omettant le compostage, pour recoller au plus vite, aux  morceaux de l'histoire, qui elle s'est débinée sans attendre, depuis 2 semaines dans le blog couchette de la T.D.G.

Donc, vendredi dernier, nous avions encore suivi trois personnages atypiques qui participaient à une retraite spirituelle, coûtant bonbon si tu es comme ma bêcheuse voisine frontalière, caissière à la Migros/Carouge.

Cette démarche se déroulait, vous en souvenez quand même, dans le cadre prestigieux de l'Abbaye de Hautecombe en Savoie.

Dans ce trio rassemblé, il y avait deux voix dissonantes dans la façon d'aborder le sujet du week-end, qui n'avait pas été tiré dans le fond d'un chapeau, puisqu'il s'agissait rien moins, que de Dieu... him-self.

Des tensions tendues (pour plagier ici, le style moderne et singulier de Guillaume Musso) étaient vites apparues.

De Marie-Claire, l'on pouvait dire qu'elle représentait, la mesure chiante de l'orthodoxie religieuse.

Charles-Henry, lui, tiraillait à malices dans les coins sombres de l'âme humaine, en la confrontant coûte que coûte, à la rigueur de la " Doxa " Chrétienne.

Enfin, Dédé, pour ce qui le concerne, était resté lui, toujours terre à terre, avec un problème de dépendance... pour envelopper d'un mot de bienséance, cette vérité qui ne peut, en société, plus maintenant se dire :

" C'est un putain de poivrot " en convalescence de sevrage ! 

 
 
III- Episode troisième :
 
 
A la porte en cèdre plaqué du Liban, l'on vient à frapper. C'est frère Antoine, les yeux rieurs qui apparait courbé, poussant un chariot garni. Immédiatement, cet homme à l'écoute des autres et de lui-même, ressent et repère très vite dans cette pièce renfermée, une ambiance toute chose comme baignant dans une atmosphère à boire de l'éther...
 
 
 
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- Frère Antoine, je veux quitter immédiatement ce groupe, pour en rejoindre un autre de moins dérangé.
 
- Allons, allons ma soeur, calmez-vous, cela n'est pas prévu, car dans ce concept chaque être réunis possède, quoi qu'il en soit ou plus dérangeant qu'on en pense, une part spirituelle latente qui ne demande qu'à s'extérioriser, même dans la surprise des confrontations verbales. Ne sous-estimez pas aussi promptement les profondeurs de chaque créature de Dieu. Le hasard qui est souvent son doigt, peut vous faire découvrir dans ce qui vous semble étranger, une direction en vous mêmes qui pourrait ma fois, vous étonner...
 
D : - Sérieux, dit Antoine, je ne pourrais pas avoir une bière, une seule ? Je supporte pas le thé !
 
 
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 - Hélas non, mon fils... Je repasserais en fin d'après-midi. Que Dieu s'invite toujours à vos échanges.
 
Ingurgitant nerveusement une poignée de raisins secs de Corinthe, Marie-Claire plante ses yeux, dans ceux délavés de son contradicteur obligé :
 
 
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- Vous avez dit des choses épouvantables, je vous le redemande, que faîtes-vous en ce lieu ? Je suis avec un fou et un ivrogne !
 
André, après avoir mis sept sucres dans son thé, s'étrangle en éjectant au passage d'entre ses dents mordorés, quelques raisins pré-mâchés :
 
- Si t'es pas contente la ménopausée de mes deux, tu peux déjà rentrer dans ta cellule et sans fermer à clé...Personne je crois, n'ira chatouiller tes gros mollets !
 
C-H : Dédé, bon sang, çà suffit, taisez-vous ! Marie-Claire, mérite un total respect. C'est une femme en recherche avec ses convictions, son histoire, son âme est perceptible et son visage exprime entre deux relâchements, une grande et troublante douceur...
 
Cette fin de phrase surprenante et inattendue provoque instantanément dans le corps féminin de ce trio, un petit tsunami, une voie d'eau. Du creux des reins, jusqu'aux avant-bras, celle-ci finit en une vague violente par s'échouer dans l'esprit. de cette enfant de Marie.
 
Marie-Claire, à la minute, est complètement décontenancé.
 
Submergé de gêne, elle se reprend aussitôt.
 
Elle replace d'un geste brusque, ces fades lunettes sur le bout de son nez, en tirant de l'autre main, l'extrémité de sa jupe plissée au dessous de ses pâles genoux.
 
Charles-Henry, perçoit le trouble occasionné, et ne sent à cette gênante issue, qu'une poursuite échevelée de ses arguments afin de clore cette séquence à sens unique :
 
- Oui, Marie-Claire, Dédé, nous cherchons tous dans la religion, une consolation à nos défauts, à notre volonté de conquête. Ne devenons-nous pas religieux par crainte d'étouffer dans nos limites maudites, d'ici-bas ?
 
A cette interrogation, il s'en suit le partage d' une longue plage de silence. André, se gave de noisettes, d'amandes et surtout de pruneaux. Ses mâchoires remuent maintenant telles celles d'un hamster avec aussi, dans son regard une expression de rongeurs, totalement, désespérément, vide de tout sens commun.
 
Pourquoi à cet endroit précis de la fin de l'après-midi de cette première journée, les conversations entre ces trois personnages glissent vers un dévoilement partiel des sphères intimes de chacun ? Dieu, seul le sait et encore. Il se peut qu'il soit par ailleurs mieux occupé. Mais toujours est-il ou ainsi soit-il, selon le plateau fatalisme ou louangeur de notre balance, il en fût ainsi dans les heures qui suivirent.
 
L'écho du moi dans l'autre, oui se dit de Charles-Henry, mon appréciation portée son physique, a bien raisonnée en Marie-Claire, puisque sa défiance de départ à dans mon égard fait maintenant place à de l'empathie. Celle-ci se confirme par sa soudaine curiosité.
 
Entre ces deux éloignés, il s'en suit durant de longues heures, un long échange en profondeur. Celui-ci est seulement perturbé pas les remarques acides de Dédé, complètement largué dans cette métaphysique confessionnelle.
 
- Houlà, là merde, j'entraves rien à vos conneries. Est-ce qu'on peut, un peu redescendre au niveau des fenêtres ou alors je demande au capucin Antoine, une radio pour écouter les Grosses Têtes !
 
Avec dans le regard, la condescendance de son orgueil assumé Charles-Henry, redescend à son rang, cet homme sans doute déjà trop familier des humiliations. Les mots, ses mots comme souvent dans ces scènes-là, sont emplis à la va-vite et sans précaution, d'un poison, malheureusement présent en chacun de nous.
 
Cette poche commune de bile mauvaise verbalisée, est presque toujours mal dosée dans la violence frontale de son envoi ou et souvent pire, dans sa politesse déguisée, complètement ignorée pour l'insidieux de son cheminement à venir sur la victime.
 
Le venin du verbe, à qui sait le magner est redoutable, impitoyable...
 
- Oui, Dédé, laissez-nous s'il vous plait encore un peu de temps. L'exploration assainissante de votre subconscient est sans doute pour vous, pas envisageable, mais ayez encore quelques patiences envers nous... je connais aussi deux, trois blagues de Cyrille Hanouna...
 
Dédé, vexé comme un rat sans queue, marmonne dépité : 
 
- Même, j'ai p'être l'air, mais j'suis pas un con, en tout cas pas plus que vous deux quand j'entends votre pédalage dans la choucroute !
 
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Ainsi et pour faire vite et concis, se passa le premier jour de cette retraite. Comme classiquement dans un trio, l'exclu fût vite entendu à l'avantage des deux autres.
 
Dédé, n'ouvrit plus la bouche. Les yeux dans le vide il écoutait ce couple de caste réunis contre lui, sans pouvoir ni vouloir s'immiscer dans leurs échanges de hauteurs plus qu'artificielles.
 
Dédé, revenu une fois de plus à l'immensité de son vide de vibration identitaire, n'était pas bien.
 
Cet état, ce constat de lui-même, il y avait très longtemps qu'il l'avait fait. Il remontait du plus tôt de son enfance comme une pré-conscience des êtres et des choses entourant ses premiers pas. Une famille nombreuse sans le sou, ou était présent de temps en temps, le saoul géniteur rentrant bourré et violent, pour s'écrouler sur le canapé tâché et branlant du salon. Les cris, les coups, les manques criants de tout, la hargne de la fratrie à se disputer le peu du rien, tel avait été son triste quotidien de destruction partagée.
 
La famille, subit comme une cage sans barreau hormis ceux qui lentement, ont poussés dans sa tête jusqu'à devoir enfermer, irrémédiablement dans le malheur, la construction de  sa vie future.
 
 
 
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Dans  « l’entrevoyure » colorée des vitraux, Dédé, peut voir que le jour à bout, fatigué, ne se retient plus de ses lumières.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 Polycarpe ( Christian Cornier)
 
La suite vendredi...

 

 

07:35 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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