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30/03/2018

VI- LA RETRAITE A L'ABBAYE DE HAUTECOMBE NOUVELLE FORMULE...

Hautecombe (1).jpg 

L'entretien dure une plombe passée. Tout est dit, hormis l'inavouable coucherie ayant rapprochée ces deux êtres en recherche d'eux-mêmes...

- Bien, nous allons garder vos pièces d'identités, je vous rappelle que vous ne devez pas quitter vos domiciles respectifs pour être à la disposition de l'office judiciaire qui devra statuer sur les causes réelles du décès de monsieur Chavanieux...... Merci à vous, et à bientôt.

- Pouvons récupérer nos affaires de toilette, nos trousses de médicaments ? interroge Marie-Claire.

- Et bien non, désolé pas pour l'instant, tout doit être analysé, normalement tout cela, sera fait sous trois jours.

Le couple s'éclipse, presque en courant l'un derrière l'autre. A la porte, Père Laurent les interpelle.

- Bien entendu, j'ai procédé au remboursement de votre virement sur votre compte. J'espère que nous aurons le plaisir de vous recevoir de nouveau dans de meilleures conditions, dans les mois à venir.

Sur le parking, sous le grand platane centenaire abritant d'une soudaine averse Charles-Henry, ce dernier impulsivement attrape le bras de Marie-Claire.

- Mais pourquoi, on ne peut plus se revoir. C'était bien hier soir, ce matin, non ?

- Non, non, non ! hurle Marie-Claire, vous m'avez perverti sournoisement à la fornication. Votre conversation savante, votre envoûtement délétère, étaient portés dès le début, par les raies du vice qui inonde votre personne. Vous n'avez donc pas compris ! Nous avons été maudit par le ciel. La mort a été la réponse, à nos égarements vils et bestiaux, ceux démoniaques de la chair, ceux que justement la bible  dans son immense sagesse, condamne depuis toujours.

- Ah bon, rien que çà, pourtant il me semble que tu remuais bien dans cet enfer... Allez va,  bye- bye et comme dirait Aragon " bonsoir Madame, l'amour s'achève avec la pluie "

Chacun repartit dans son véhicule. Charles-Henry, au volant de son Alpha-Roméo, crût malin de klaxonner Marie-Claire, le nez plaque sur le pare-brise de sa Fiat 5OO, customisée, couleur bonbon rose acidulée.

Quatre jours ont passés et aujourd'hui à huit heures trente, l'on retrouve à la gendarmerie de Saint Pierre de Curtille, les deux furtifs amants d'un jour.

Comment mieux dire, ils ont été cueilli à six heures au petit matin à leurs domiciles respectifs.

Décrire, l'ahurissement perceptible des deux suspects, confinant à trop de facilités d'adjectifs et d'adverbes employés à tord et travers, l'on se contentera présentement ici,  en cette page fortement haletante, de dire qu'ils étaient défait...

Devant le galonné, Edouard Vautrin, le regard luisant noir tel celui d'une hyène rôdant une soir d'été devant des chèvres égarées, Marie-Claire et Charles-Henry,  questionnent conjointement :

- Que se passe-t'il enfin ? C'est quoi, ce cauchemar ?

- Ce cauchemar oui, monsieur Rivet, l'on peut en parler et on va encore le faire pendant des heures. Ce cauchemar, c'est d'abord celui de votre compagnon André Chavanieux, qui a été savamment empoisonné...

- Mais vous êtes dingue, c'est quoi cette histoire de fou ?

- Cette histoire folle, Madame Panchon,  c'est simplement celle que vous n'avez pas voulu  encore dire. La voici sèchement dans ses grosses lignes :

- Dans les viscères d'André Chavanieux, il a été retrouvé des traces d'un mélange médicamenteux conséquent composé de Théralène et de Stillnox... Sur le verre posé à son chevet, vos empreintes digitales à tous deux, ont été relevées. Vous suivez bien ce récit de polar de gare de banlieue...Je continue : dans vos trousses respectives d'ailleurs posées au même endroit, c'est à dire sur le chevet de monsieur Rivet, les boites de somnifères sont pratiquement vides... Etrange, non ?

- C'est quoi ce bordel ?

- Ce bordel ? Mais moi, je vous retourne la formule, cher monsieur Rivet, avec une première question :  ces deux tranquillisants sont-ils à vous ?

- Non, moi,  j'ai le mien le Stillnox,  madame Panchon, c'est l'autre.

- Alors pourquoi sa boite se retrouve sur votre chevet ? Et vous madame Panchon, un semblant de réponse ? Oui, non ... et pendant que j'y pense, avez vous pris tous les deux votre traitement, ce soir là ?

- Heu, non...

- Et vous madame ?

- Non plus...

- Et pourquoi, l'apaisement des lieux, la prière, et le salvateur sommeil viendrait ici comme par grâce, machinalement ?

Un grand silence, suit cette rafale de questions. Marie-Claire, est blanche comme un linge de carême, Charles-Henry, lui décline, du front au menton, dans toutes les nuances du rouge.

- Vous n'avez aucune explication cohérente ?

- C'est une malédiction, un traquenard horrible, hurle la quadragénaire, avant que de se rouler sur le sol, en mille tremblements incontrôlés.

- Et à part çà, monsieur Rivet, il y a bien, nous le sentons tous assez bien, quelques non-dits dans cette histoire ?

Les deux mains appuyées sur sa tête rouge-homard, Charles-Henry, concède :

- Pour moi, la seule chose cachée de drame, c'est que... c'est que... voilà,  nous avons couchés ensemble cette nuit-là !

A cette simple évocation, Marie-Claire, toujours recroquevillée à même le parquet, hurle de plus belle :

- C'est horrible, c'est affreux, je voudrais mourir de honte, là toute suite maintenant !

En glissant discrètement un  « zan »  dans sa bouche biscornue, l'officier Vautrin, reprend :

- Madame, je vous en prie, cessez vos minauderies théâtralisées, et bien en face que pouvez-vous argumenter pour votre défense ? C'est pas vous, c'est lui qui vous a forcé ?  Comment avez vous eu l'idée de faire disparaitre André, et pourquoi ?

- Mes empreintes sur le verre... c'est Dédé, en détresse qui m'a appelé. Il tremblait, je l'ai fait boire, c'est tout, c'est tout, je le jure, Je le jure !

Marie-Claire, un peu calmée renchérit :

- Moi aussi, quand il a crié la seconde fois, j'ai fait de même pour répondre à sa pressante demande d'aide, avec le verre se trouvant près de lui, que j'ai rempli au lavabo.

- Et les comprimés madame, monsieur, par quels tours de passe-passe, ont-il été dilués dans les boyaux du défunt ? Bien sûr, pas de réponse, quand tout semble à charge contre vous.

- Avez-vous madame, monsieur quelque chose à rajouter ?

- Madame Panchon, non ? bien, bien...

- Moi si... je ne sais pas si cela est important, mais lorsque Marie-Claire, qui s'était proposée à répondre la seconde fois à l'appel de monsieur Chavanieux, je me souviens d'avoir trouvé, qu'elle avait mis un temps infini pour revenir. D'ailleurs, je crois bien que j'ai fini par m'endormir...

- Ah, bien en voilà du détail comme dirait l'autre. Pas très gentleman, très orienté, mais qui aura certainement, son importance dans cette instruction. Madame Panchon, qu'en dites-vous, mensonge, délation gratuite ?

- C'est un pervers, un menteur, une raclure, un dangereux manipulateur, la seule vérité, est que cet homme effectivement m'a souillé, je ne sais pas comment ni par quelle monstrueuse malice, dans ce lieu sacré.

Nous allons donc en rester là pour ce matin. Inutile de vous dire que vous êtes immédiatement en état d'arrestation en accord avec Madame Cécile Vesin, magistrate au tribunal d'instance d'Aix les Bains, qui statuera désormais sur la suite de ce dossier. J'espère que l'isolement qui vient sera propice, à la réflexion pour chacun de vous. A très, très bientôt, merci ! Madame, monsieur...

Les menottes, des pleurs, les deux coupables et présumés si peu innocents, sont embarqués dare-dare, dans un fourgon bleu, destination la prison  de Chambéry/Belledone, adaptée à la situation puisque disposant d'un quartier détenues femmes.

 

Polycarpe ( Christian Cornier)

La suite vendredi prochain;

08:12 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

23/03/2018

V- LA RETRAITE A L'ABBAYE DE HAUTECOMBE, NOUVELLE FORMULE

Hautecombe (1).jpg- Marie-Claire, Charles-Henry, André, vous n'avez pas entendu la sonnerie, il est l'heure des matines ?

- Oui, oui frère Antoine, nous avons mal dormi, André a été malade.

- Bien bon, nous allons le laisser récupérer, mais nous comptons sur vous deux dans cinq minutes pour le premier office.

  Ainsi fut fait dans le déroulé commencé de cette nouvelle journée.

  De retour dans la cellule commune, Charles-Henry visiblement physiquement du matin, se jette sur Marie-Claire qui sans se faire prier    rentre immédiatement en communion avec cet homme dont il savait si peu, sinon son intense désir.

  Deux heures se sont écoulées, quand l'on vient frapper à la porte.

  - Re- bonjour, dit frère Antoine, voici le petit déjeuner. André, n'est toujours pas levé ?

  - Ah oui, non, je vais voir dit Marie-Claire.

  Malgré l'été, la froidure du matin a imprégnée les murs, obligeant Charles-Henry, a enfiler une veste de laine.

 - Au secours, au secours, hurle la quadragénaire, vite, venez, je crois qu'il est mort !

Frère Antoine, se souvenant d'une première année de médecine et d'une syphilis alors contractée, avant que d'intégrer le séminaire, saisi le poignet de l'allongé.

L'absence de pouls immédiatement constaté, mais aussi la vision de ses pupilles parties en couilles, sans parler de son dentier supérieur décroché, le diagnostic est vite fait : il y a eu un rappel brutal de Dieu, pour cette âme agitée...

Frère Antoine, délicatement et d'une seule et large main, ferme les yeux d'Halloween du défunt, et il invite aussitôt les deux affolés de la pièce, à se mettre à genoux, pour une courte prière.

- Venez, tout de suite avec moi, ne touchons plus à rien, nous allons ensemble prévenir père Laurent de ce malheur.

Ce dernier est surpris dans son bureau devant son ordinateur. Un sursaut, il décroche presque violemment ses oreillettes.

Sur l'écran plat, l'image n'est pas parmi les plus pieuses circulant sur l'infini de la toile...

A frére Antoine, cultivé et tout à sa gêne, il revient aussitôt en boomerang dans son ciboulot, ce vers de François Villon : " Qui n'a mesfait ne le doit dire "

Un clic vif sur le point rouge en haut à gauche et le fond d'écran du supérieur comme son propre état, réapparaissent en plus de sérénité. Le lac du Bourget, l'abbaye, la perfection des harmonies, le bleu des eaux, le gris de la pierre, à la droite du cliché, les applications toutes en bondieuseries apparentes, s'inscrivent à la suite, l'une de l'autre.

- Qu'arrive-t'il ? pour me déranger sans précaution de la sorte, frère Antoine.

- Mon père, j'ai frappé plusieurs fois... il y a eu parmi les fidèles en retraite, un mort !

- Un mort ici ? Grand dieu ! Si sa parole semble ici maitrisée, l'esprit enfoui de Père Laurent,  aux signes nerveux trahissant son visage, semble plus populairement dire :  " Putain d'Adèle, qu'elle merde et ennuis vont venir bientôt s'abattre sur ma charge ! "

- Vous n'avez rien touché au moins ? s'enquiert le supérieur.

- Non rien... sinon les yeux de ce malheureux que j'ai refermé.

- Pour la porte de la cellule commune, il en est et à double tour, de même ?

- Ah non, répond en blêmissant frère Antoine.

 L'oeil noir de l'autorité en ces lieux a quelque chose d'immédiatement effrayant... Frère Antoine, en aurait presque comme des tremblements dans les membres supérieurs.

- Dépêchez vous, bon sang de bois,  de faire le nécessaire ! j'appelle de suite la gendarmerie. Quand, à vous deux, veuillez rejoindre frère Arthur, pour reprendre vos habits civils. Votre retraite est malheureusement en cette maison, close pour l'instant...

Dans la demi-heure suivante sous une lumière que d'aucun ici, accommode au divin, tout ce qui côtoie journellement le mal, la misère et la mort, se range, gyrophares bleus éblouissants, sur le parking de l'abbaye.

Le SAMU ??? la mort n'aurait pas été précisée par père Laurent Fabre ? La gendarmerie nationale sous la forme d'une fourgonnette et d'une voiture banalisée.

Le père Laurent, se rend au devant de la maréchaussée.

- Bonjour,  gendarmerie de Saint Pierre de Curtille, je suis Edouard Vautrin, chef de l'unité de recherches, missions, tâches et fonctions, et voici mes trois assistants.

- Bonjour mon père, SAMU de Chavanaz, docteur Mokhtar-Aziz de la Rouvière, et mes deux collègues internes.

- Le teint pâle, l'oeil blafard, père Laurent après avoir rendu les politesses d'usages, propose à tous ce beau monde de le suivre. Dès l'entrée, il interpelle les frères Arthur et Antoine, pour se joindre à cette compagnie.

La cellule est ouverte. C'est le docteur Du Borgel, le plus preste auprès du corps immobile. Pouls reprit, narines médicales approchées de la bouche de l'allongé, la mort est officiellement confirmée.

- Je rédige l'acte de décès, et nous laissons faire votre travail, dit tout doucement le docteur Mokhtar.

- Bien merci, monsieur de la Rouvière, répond haut et fort Edouard, quand même intrigué par la particule plus que bizarre de ce médecin...

- Jacqueline, vous pouvez commencer les photos, Sandrine, et Jérôme de même pour les empreintes digitales et ADN. Quand à vous, pouvez-vous me suivre dans une pièce tranquille, pour m'expliquer le déroulé des faits.

Les trois religieux d'une tête baissée presque synchronisée, se soumettent immédiatement à cet ordre laïc.

- Donc, si j'ai bien tout suivi, de vos propos dans cette cellule, il avait trois personnes, deux hommes André Chavanieux , Pierre-Henry Rivet, et une femme Marie-Claire Panchon, ces  deux dernières personnes m'attendant pour leurs dépositions, dans une annexe de la Chapelle. Vous, frère Antoine, vous êtes rentrés dans la cellule ce matin à 5h 15, c'est bien çà ?

- Oui, inspecteur, je réveille personnellement les retardataires pressenties aux matines communes de cinq heures trente. Les deux compagnons d'André, m'ont de suite indiqués, que celui-ci avait eu une nuit agitée.  Compte tenu de sa personnalité visiblement fragile, j'ai pris la décision de lui laisser finir sa nuit...

- Et vous n'êtes pas allez le voir ?

- Ben non, comment pouvais-je savoir ? balbutie déstabilisé, frère Antoine.

- Non, non ... j'ai rien à dire de plus. Je vous demande simplement d'aller chercher les deux protagonistes qui ont partagés cette affaire.

- Cette mésaventure vous est-elle déjà arrivée dans ce lieu, Père Laurent ?

- Dieu merci, non et nous recevons des milliers d'âmes en retraite chaque année...

- Bien,  je vous prie de bien vouloir vous asseoir tous les deux en face de moi, et vous mes frères de me laisser dans ce tête à tête.

Visiblement Marie-Claire, tire une gueule de carême comme il est pas permis même par le tout puissant. Charles-Henry, lui est nerveux et gratte sans ménagement une plaque rougeâtre apparente sur son avant bras droit.

- Dites-moi, sans omettre le moindre détail dont on ne mesure jamais assez l'importance, comment et précisément s'est passé votre huis-clos avec André Chavanieux ? Je veux tout savoir, sur ses propos, sur ses faits et gestes, et idem avec encore plus de détails pour vous deux.

 

Polycarpe ( Christian Cornier)

La suite vendredi prochain.

08:07 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

22/03/2018

REFLEXION DESABUSE SUR UN TEMPS DE CHIEN...

 

 


C'est étrange de penser, que la vie que j'ai eu, est probablement la seule que je vais avoir

Moi, qui suis tant rêveur..

Cette sensation de passage du temps en sens unique

Me fout des bas le coeur

 

Je cherche encore et toujours l'Atlantide

Ce paradis perdu, enfoui

Dans le fond d'une vie pressée par le temps

 

Je passe mon temps à croire que je me suis paumé dans ce siècle

Et que ma vie m'appartient un minimum

Le vital, pour faire illusion dans la citée

 

C'est l'histoire de ma vie

Dans un bar, je l'ai vu, je l'ai bu

Je l'ai trouvé moche et jolie

 Plus rien dans les poches

                                                                                                                                                                  Fatigué, fourbu

                                                                                                                                                                 Mais je crois qu'elle m'a plût...

 

                                                                                 Polycarpe ( Christian Cornier)

10:50 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |