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06/04/2018

VII- LA RETRAITE A L'ABBAYE DE HAUTECOMBE, NOUVELLE FORMULE

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Durant la semaine de détention écoulée, Charles-Henry, à pris la décision de sacrifier deux de ses assurance-vies, pour s'offrir les services d'un grand avocat, pour le sortir de ce guêpier. La vie carcérale, il s'en doutait comme tout un chacun, mais la promiscuité, l'irrespect et l'avilissement à ce point, il n'était point préparé. Le point d'orgue de ces surprises, ayant été pour lui, la séquence des douches partagées... Il n'est pas prêt d'oublier cette mésaventure.

Cela fait maintenant  quatre jours, que la chape de plomb carcérale, s'est renfermée sur les deux suspects de l'Abbaye de Hautecombe. Charles-Henry, pour combler l'ennui, activité principale partagée de ces lieux, n'a pas eu bien le choix, lorsque le chariot de la bibliothèque ambulante est passé. Allongé, il parcourt négligemment un biographie de Françoise Hardy. Au dessous de lui, un détenu Albanais tendu, visionne un vieux porno bruyant et "dégueu " sur une tablette noire et toute rayée.

 

De son côté, à l'opposé dans l'aile féminine réservée, Marie-Claire, est assise, pieds en tailleur, dos contre le mur, dans la couche du haut. Bourré de sédatifs, le teint blême, elle tourne avec une extrême lenteur les pages de son livre : les Pensées de Saint Augustin, ouvrage d érudition, que sa soeur cadette lui a apporté au parloir, ce matin. Sous elle, Katia de Bondy,  sa compagne d'enfermement, étendue sur le ventre, ébranlée, dévore le Con d'Iréne, dans ses meilleures feuilles reprisent dans un numéro spécial d’un magazine LGBT, consacré à Muriel Robin et à Louis Aragon...

 Comme peut et sans gêne l'écrire Marc Lévy, tous les deux livres : Il est vingt heures quand au loin le destin, s'agite dans un étrange et surprenant dessein... Puis, il se rapproche prenant les pas d'un gardien au physique plus qu'ingrat. Dans l'ouverture faite dans la porte métallique, il hurle :

 - Rivet, Rivet, demain matin !  Tenez vous prêt, convocation à neuf heures chez le juge, t'as compris ?

 Au même moment, la même scène parallèlement se reproduit côté femme.

 - Marie-Claire Panchon, madame la juge du parquet, vous convoque, ma collègue passera vous chercher à huit heures. Soyez prête, bonne nuit  à vous !

 Autant dire ou ici l'écrire, la nuit fût agitée, de courte durée et surtout emplit d’une multitude de questionnements pour nos deux suspects.

 Séquence incroyable, nous sommes subitement, là maintenant et sans plus de transition ( on croirait du Claude Lelouch haché, I-Phone en main, travelling avant ) dans le bureau de Cécile Vesin, la magistrate chargée de l'instruction.

 Encore plus extraordinaire comme dirait Stephan Bern, après avoir vendu trois cent vérandas, madame la juge est physiquement la doublure de Cécile de France. Des yeux de soleil, une ample chevelure, une bouche sensuelle pareillement délicieuse à celle de la comédienne,  avec le même charme simple et discret  des gens venant du pays plat. Une authentique beauté dans sa robe noire,  qui donnerait quelque soit ses orientations, l'envie de déposer à ses pieds, des fleurs coupées rouges carmins ou des chocolats fins subtilement fourrés, Jeff de Bruges.

- Mesdames, messieurs, maîtres, veuillez prendre place, s'il vous plait.  Oui, entrez

Aie, aie, aie, qui a parlé ? C'est pas Cécile, c'est Anne Romanoff... ventriloque dans la bouche de l'actrice Belge... Ah çà,  le charme,  je dis vous pas, est alors totalement rompu...

A la droite de Charles-Henry, non c'est pas encore un sosie ?

- Bonjour Maitre Dupont-Moretti, dit l'avocate de Marie-Claire en lui serrant virilement la pogne.

C'est lui ! Oui c'est lui, comme à la télé. Les gros yeux sombres, les grosses joues, la barbe de trois jours, et il tire bien comme toujours la gueule, façon « actor-studio » à la De Niro. Pétard de pétard,  le Rivet, y va casquer bonbon avec cette pointure du code pénal, assis dans la salle.

L'avocate de madame Panchon, elle, est moins « people » inconnue  du bottin mondain. Néanmoins son visage seul, rappelle à s'y méprendre, hormis un poireau poilu sur la joue droite, celui de Brigitte Lahaye. Même front, même ride au coin de la bouche, même ovale de la tête, elle lui ressemble, c'est fou comme deux gouttes d'eau ou de liquide séminale pour rester dans la métaphore de l'âge d'or, celle régalant en VHS et sans balance incontrôlée, les porcs des années soixante dix...

- Nous pouvons y aller ? oui, entrez !

 

Polycarpe ( Christian Cornier)

La suite vendredi prochain

08:14 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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