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20/04/2018

LES MAINS D'ELSA - Aragon, musique Polycarpe - arrangements Michel Bonnassies


09:27 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

VIII- SUITE ET FIN DE LA RETRAITE A L'ABBAYE DE HAUTECOMBE NOUVELLE FORMULE...

 

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- Je suis vraiment désolé, veuillez m'excuser du retard...

- Monsieur Edouard Vautrin,  est le chef de l'unité de recherche de la gendarmerie, veuillez, je vous en prie, veuillez prendre place vers moi, à côté  du greffier. Nous pouvons commencer ? Bien, la séance autant vous prévenir sera curieusement de courte durée. En effet, hier soir monsieur Vautrin, m'a fait part d'un élément stupéfiant. A savoir que madame Colette Chavanieux, née Grusset, lui avait remis un écrit retrouvé dans les affaires de son défunt époux. Monsieur Vautrin, je vous laisse le soin de lire ce billet.

- Colette :  " S'il te reste une once non pas d'amour, ni de respect mais de pitié envers moi, merci de transmettre ce mot à l'autorité judiciaire, après ma disparition.

  Pardon, merci, je n'ai jamais été foutu du moindre bonheur pour les autres et pour moi-même ...

 Moi, André Chavanieux,  certifie avoir mis fin à mes jours après avoir dérobé les somnifères de Charles-Henry et de Marie-Claire !

 J'emmerde haut et fort, la justice des hommes, la société dans l'ensemble de ses institutions !

 Prend soin de toi, Dédé."

Stupeur et tremblements, une onde électrique parcourt l'assemblée ( non merde... Marc Lévy, çà suffit les poncifs ! ) Le plus expressif dans la révélation de cette nouvelle, c'est maître Dupont-Moretti, dont le visage s'est immédiatement et plus encore refermé. Quelque chose dans son regard, pour le coup bovin, semble dire : saloperie,  coquin de sort, tout cela ne va pas enrichir mon étude ! Cependant, en remontant ses lunettes sur son front dégarni, il demande la parole en levant la main.

 - Je vous en prie, Maitre, nous vous écoutons.

 - Voilà, je voudrais vous dire que Monsieur Rivet et moi- même, nous sommes évidemment soulagés de ce coup de théâtre qui survient dans cette procédure. Compte tenu de mon emploi du temps très chargé, je me propose madame la juge, de vous faire transmettre dans quelques semaines, une requête en demande d'indemnisation. En effet, mon client, pour lequel je n'ai jamais douté de son innocence à subit des préjudices énormes... Soit entre autre, la demande de divorce de son épouse, sans parler des sévices particuliers signalés à la maison d'arrêt de Chambéry... Avec, votre permission, je me propose de vous quitter, pour espérer prendre le prochain train à destination de Bordeaux où une plaidoirie compliquée m'attend demain, en début d'après-midi.

 - C'est entendu, une petit paraphe auprès de mon huissier, et nous vous souhaitons bonne route.

 Cabotin un jour, cabotin toujours, après avoir salué, chaque membre de l'assemblée, le chantre des barreaux, souriant, prend la   tangente, sûr de tous ses effets de manches.

 L'avocate de Marie-Claire, visiblement impressionnée par son confrère, s'adresse à la magistrate, en commençant par des balbutiements.

- Madame Panflon, pardon... Panchon, également a été la victime d'un préjudice moral important. Outre la privation de liberté, son image dans les milieux de la catéchèse où elle évolue habituellement, a été profondément salit.

- Oui, oui, je vous propose donc de faire comme maître Dupont-Moretti, en transmettant votre dossier à mes services. Madame Panchon, monsieur Rivet, il va de soit, que toutes les charges relevées sont caduques  et le non-lieu prononcé, ceci impliquant ce jour, votre  libération immédiate.

Bonne nouvelle, l'histoire est finie !

Comment cela, bonne nouvelle ? Il est con ou quoi, cet auteur la bonne nouvelle, qui est un art littéraire particulier et à part entière, se mesure  au soin de sa chute.

La jugement, la sanction dépendra invariablement d'elle. Toi, ma lectrice unique et vous autres peut être, qui suivez tous les débuts d'après midi sur France 2, l'émission :  " çà commence aujourd'hui " je pressent vos exigences en vous invitant ce soir, à connaître le dénouement final de cette histoire alambiquée.

Il faut bien l'admettre, Maitre Dupont-Moretti, que l'on est pas obligé d'aimer, est un crack du pénal. Non seulement le cabinet de ce dernier a perçu de gros émoluments de la part de son client, mais et surtout,  il a obtenu pour ce dernier une indemnisation conséquente lui permettant l'achat d'un camping-car neuf et tout confort, s'ajoutant avec la possibilité financière pour Charles-Henry, d'envisager une année sabbatique. La justice passe, le contribuable contribue, le fléau est toujours penché du même côté, dans la balance de la société...

Pour Marie-Claire, on se doutera bien, que la somme allouée, n'a rien à voir. Aussi, nous saluerons ensemble, son geste toute en chrétienté. Celui d'un don, permettant à Colette Chavanieux, veuve dans le besoin, l'achat d'un vélo électrique, lui permettant de soulager ses problèmes variqueux, lors de ses fréquents déplacements d'aide à domicile.

Il est dix heures à l'horloge de l'Abbaye. Nous sommes le 29 septembre, il fait déjà,  une chaleur du diable. Sous les robes de bure, la transpiration s'insinue. Le père Laurent Favre, tri et ouvre le courrier du matin. Le Figaro, la Croix, une douzaine de lettres et une carte postale, représentant un dromadaire...

- Frère Arthur, frère Antoine, vous m'entendez ? Nous avons une carte de Charles-Henry Rivet !

- Oui, Père nous sommes là, répondent en choeur les deux obligés de Dieu, astiquant un pied de table dans le couloir attenant.

- Ecoutez cela : " Un grand bonjour de Marrakech, où nous poursuivons notre aventure de traversée du Maroc. Bertrand, mon... ( et en baissant d'un coup la voix ...) mon amoureux et moi-même, nous saluons toute la communauté du Chemin Neuf.

Tout fini bien se dit dans sa tête, le Père Laurent, fataliste. Oui tout se finit bien, enfin presque ...

 

                                                    FIN 

(Auteur : Polycarpe- Christian Cornier) 

 

 

 

 

 

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13/04/2018

VII- LA RETRAITE A L'ABBAYE DE HAUTECOMBE, NOUVELLE FORMULE

Hautecombe (1).jpg

 

 

Durant la semaine de détention écoulée, Charles-Henry, à pris la décision de sacrifier deux de ses assurance-vies, pour s'offrir les services d'un grand avocat, pour le sortir de ce guêpier. La vie carcérale, il s'en doutait comme tout un chacun, mais la promiscuité, l'irrespect et l'avilissement à ce point, il n'était point préparé. Le point d'orgue de ces surprises, ayant été pour lui, la séquence des douches partagées... Il n'est pas prêt d'oublier cette mésaventure.

Cela fait maintenant  quatre jours, que la chape de plomb carcérale, s'est renfermée sur les deux suspects de l'Abbaye de Hautecombe. Charles-Henry, pour combler l'ennui, activité principale partagée de ces lieux, n'a pas eu bien le choix, lorsque le chariot de la bibliothèque ambulante est passé. Allongé, il parcourt négligemment un biographie de Françoise Hardy. Au dessous de lui, un détenu Albanais tendu, visionne un vieux porno bruyant et "dégueu " sur une tablette noire et toute rayée.

 

De son côté, à l'opposé dans l'aile féminine réservée, Marie-Claire, est assise, pieds en tailleur, dos contre le mur, dans la couche du haut. Bourré de sédatifs, le teint blême, elle tourne avec une extrême lenteur les pages de son livre : les Pensées de Saint Augustin, ouvrage d érudition, que sa soeur cadette lui a apporté au parloir, ce matin. Sous elle, Katia de Bondy,  sa compagne d'enfermement, étendue sur le ventre, ébranlée, dévore le Con d'Iréne, dans ses meilleures feuilles reprisent dans un numéro spécial d’un magazine LGBT, consacré à Muriel Robin et à Louis Aragon...

 Comme peut et sans gêne l'écrire Marc Lévy, tous les deux livres : Il est vingt heures quand au loin le destin, s'agite dans un étrange et surprenant dessein... Puis, il se rapproche prenant les pas d'un gardien au physique plus qu'ingrat. Dans l'ouverture faite dans la porte métallique, il hurle :

 - Rivet, Rivet, demain matin !  Tenez vous prêt, convocation à neuf heures chez le juge, t'as compris ?

 Au même moment, la même scène parallèlement se reproduit côté femme.

 - Marie-Claire Panchon, madame la juge du parquet, vous convoque, ma collègue passera vous chercher à huit heures. Soyez prête, bonne nuit  à vous !

 Autant dire ou ici l'écrire, la nuit fût agitée, de courte durée et surtout emplit d’une multitude de questionnements pour nos deux suspects.

 Séquence incroyable, nous sommes subitement, là maintenant et sans plus de transition ( on croirait du Claude Lelouch haché, I-Phone en main, travelling avant ) dans le bureau de Cécile Vesin, la magistrate chargée de l'instruction.

 Encore plus extraordinaire comme dirait Stephan Bern, après avoir vendu trois cent vérandas, madame la juge est physiquement la doublure de Cécile de France. Des yeux de soleil, une ample chevelure, une bouche sensuelle pareillement délicieuse à celle de la comédienne,  avec le même charme simple et discret  des gens venant du pays plat. Une authentique beauté dans sa robe noire,  qui donnerait quelque soit ses orientations, l'envie de déposer à ses pieds, des fleurs coupées rouges carmins ou des chocolats fins subtilement fourrés, Jeff de Bruges.

- Mesdames, messieurs, maîtres, veuillez prendre place, s'il vous plait.  Oui, entrez

Aie, aie, aie, qui a parlé ? C'est pas Cécile, c'est Anne Romanoff... ventriloque dans la bouche de l'actrice Belge... Ah çà,  le charme,  je dis vous pas, est alors totalement rompu...

A la droite de Charles-Henry, non c'est pas encore un sosie ?

- Bonjour Maitre Dupont-Moretti, dit l'avocate de Marie-Claire en lui serrant virilement la pogne.

C'est lui ! Oui c'est lui, comme à la télé. Les gros yeux sombres, les grosses joues, la barbe de trois jours, et il tire bien comme toujours la gueule, façon « actor-studio » à la De Niro. Pétard de pétard,  le Rivet, y va casquer bonbon avec cette pointure du code pénal, assis dans la salle.

L'avocate de madame Panchon, elle, est moins « people » inconnue  du bottin mondain. Néanmoins son visage seul, rappelle à s'y méprendre, hormis un poireau poilu sur la joue droite, celui de Brigitte Lahaye. Même front, même ride au coin de la bouche, même ovale de la tête, elle lui ressemble, c'est fou comme deux gouttes d'eau ou de liquide séminale pour rester dans la métaphore de l'âge d'or, celle régalant en VHS et sans balance incontrôlée, les porcs des années soixante dix...

- Nous pouvons y aller ? oui, entrez !

07:20 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |