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08/06/2018

6- LE DIABLE N'ARRIVERA PAS A COMPOSTELLE...

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Sa décision est bien prise, il va enquêter sur cette sombre histoire de famille qui traine ses fils poisseux dans la vie de chacun de ses membres. Puis enfilant ses baskets, il part courir le long du Brevon, cette belle rivière ombragée qui traverse la vallée.

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L'effort, la solitude étant devenu chez lui, comme une nécessité,rarement, il dérogeait à cet exercice. Adrien en ressentait depuis longtemps, comme le besoin d'évacuation le plus adapté à ses nervosités ou à ses angoisses métaphysiques.

 

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La gare de Thonon est toujours aussi belle. Adrien a eu du pot.

Le stop à la sortie de Bellevaux, vers chez Maurice, la deuxième auto.

 

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Une femme aux abois, de cent vingt kilos, le pied au plancher, qui hurlait :

 

 - il a tout gâché ce con, de mon temps... Ma jeunesse à pleurer, et ma libido minée, avec tout le reste. Mais cette fois, c'est décidé, je fous le camp !

 

 

 

Et Adrien pourra prendre le train de 13h 47. Dans le peu de bagages, le  cahier manuscrit de son grand-père qu'il s'est gardé de commencer, pour pouvoir le lire à loisir dans le train, un slip de rechange, deux chaussettes dépareillées, et l'adresse du journal où travaille la petite, qui s'appelle Colette et qu'il imagine gironde.

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Dans le train régional désert, Adrien sort le cahier, allonge ses pieds et se plonge entier dans l'univers du voyage de son grand-père:

 

 

 

« Mon voyage à Compostelle»

Etonnant !

Le récit tient  sur la moitié du cahier, et dans le ressort des morceaux de feuilles, comme si des pages avaient été arrachées  sans ménagement, ensemble...

Et c'est dans un tunnel, retardant sa lecture, qu'une parole de Ferdinand lui revient tout à coup en mémoire. C'était lors d'une promenade, le long de la rivière (le Brevon) une fin d'automne, un de ces derniers moments partagés, avec ce toujours curieux grand-père.

 - Tu sais... mon petit Adrien, je n'ai jamais été en paix ! Il faut que toi, tu le sois, ce serait bien, ce serait mieux. Si tu savais, comme ta vie m'est précieuse.

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Le tunnel de Vuache est passablement long. Adrien a du temps pour revenir sur cette phrase ancienne qui ressurgit de sa mémoire, à ce moment précis où il part à la rencontre de l'histoire de cet homme énigmatique, son grand-père, Ferdinand Joseph Guérin...

 Et si son retour entrepris sur le passé de cet homme avait comme point de départ déclencheur cette phrase toujours restée troublante, dans l'esprit de l'enfant qu'il était encore dix ans plus tôt ?

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 La lumière du jour, réapparait dans le compartiment de la micheline.

La paix d'un homme, d'ailleurs, c'est quoi ? Et cette interrogation mémorielle laissée, comme beaucoup d'autres, dans un tunnel. Adrien, le cœur serré, retrouve le récit de son pépé, cet homme qui n'avait jamais eu peur des autres et des jugements.

 

 

 

 

 

Il lui avait même été rapporté, qu'une morne bigote de sa vallée disait, il y a deux ou trois ans, la mine grave, en parlant de lui, cette irrémédiable phrase enveloppée en forme de vacherie :

 

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 - Ferdinand, Ferdinand Guérin.. ah oui, je le connaissais bien, depuis tout enfant, il aurait mangé le diable avec ses cornes...

 

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Polycarpe ( Christian Cornier)

La suite dimanche prochain.

11:11 Écrit par Polycarpe dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

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