v75.xiti.com

20/05/2018

3- LE DIABLE N'ARRIVERA PAS A COMPOSTELLE

 

 DIABLE.jpg

 A Antoine,

 

 

I. A Bellevaux tout mon amour.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme il était très énervé cette locution impolie et blasphématoire à l'extrême est venue instantanément, dans la tête d'Adrien...

 « Merde, bordel de nom de Dieu ! »

téléchargement.jpeg

 

 

 

 

 

 

A Vénissieux, dans la banlieue lyonnaise, où il réside pour ses études,depuis le début de la matinée, il faisait preuve d'impatience. Adrien, attendait un résultat, son résultat. De l'étage, il avait aperçu la voiture jaune de la Poste.

 

 

Vite, sans même arrêter le gaz de sa cuisinière, il avait descendu prestement les escaliers dégueulasses de sa barre d'immeuble sordide, qui abritait, pour majeure partie, tout ce que la société libérale produit de déclassés en tous genres.

 Dans cette enveloppe administrative, la lettre type, avec l’empathie hypocrite minimum et officielle, lui fait part de son nouvel échec au concours du CAPES Histoire, accessoirement géographie, sa passion, celle dont il voulait faire métier (et qui devait obligatoirement passer par un concours de plus en plus sélectif); elle s'était envolée brusquement, ce matin, à l'aune de ce qu'il avait imaginé et rêvé d'avenir.

Sa rare mal politesse inhabituelle intérieure, était à la hauteur de son effondrement, de sa blessure, dans laquelle, se précipitaient maintenant comme du sel, des lambeaux de souvenirs de sa vie estudiantine.

Tout ce travail de bénédictin, tous ces efforts, toutes ces heures enfermé cette abnégation, pour franchir les étapes, une à une. La licence, le mémoire, la maitrise et là-haut, cette citadelle royale, qui le rejetait une nouvelles fois, hors de l'élite, hors des limites politiquement voulues encore plus réduites, par l'état français, pour ces matières non rentables.

Adrien, dépité, fixant les marches grises, remonte lentement dans son appartement.

 

youtubeurs.jpg

 

 Un groupe de jeunes bigarrés, en habits colorés, et casquettes mal tournées, l'apostrophe :

 - Oh, Adrien, si tu veux, mon frère, ma mère, elle a fait le couscous, viens, on va se marrer.

Ce soir, on sort tout donner, çà va être beur sur la ville … tu viens avec nous, d'accord ?

 - merci les gars, mais j'vais rester tranquille chez moi. J'ai raté un concours, je préfère être seul...

 

 

 

Un autre membre de cette bande, un noir, sans précaution oratoire, lui balance :

 - ben, t'es con ou quoi, ma parole, on va juste se poser, tu vois ? Après, on va tous, chez Farid, et pis on f'ra tourner, çà va partir en fumée mon frère.

 Éclat de  rire général, de ces joyeux drilles du voisinage d'Adrien. Ils ont sans doute senti depuis toujours, dans ce blanc-bec, dans cet intello à lunettes, une bienveillance, exempte de ces jugements de peur, fabriqués collectivement par la société.

- non les gars, j'vais rentrer. J'ai pas le goût aujourd'hui mais dites à Farid de pas m'oublier pour la prochaine récolte.

 Le chef de la bande, prit alors la parole :

- bon d'accord, respect, mais hé! Adrien, les cons courent toujours, mais c'est bien pour les autres, aussi...de buller ! Ouala, faut s'faire plaisir !

 En se tapant fortement sur le ventre, et pour l'un sur l'épaule d'Adrien, dans des rires tellement appuyés, qu'ils font ouvrir les portes de certains paliers, la joyeuse bande, disparaît bruyamment vers le hall d'entrée.

Immobile, Adrien, avec un restant de sourire aux coins des lèvres, relativise sa situation. Français de souche, issu de la classe moyenne, de bonnes études malgré tout, une famille qui le soutient, il fait bien parti des favorisés.

Sa vie, n'est et ne sera sans commune mesure, avec celle de ses voisins d'infortune dont l'horizon est tellement bouché, qu'il se réduit (pour leur survie) à vivre à la journée, à  la bande, à l'herbe mal coupée...voir pire, faute de pouvoir se projeter dans un  avenir socialisé, comme disent les «ampafés» chargés de l'intégration, dans les palais présidentiels.

Adrien, pour une fois, fait mal cuire son plat de pâtes. Il mange sans saveur. Il remâche cette nouvelle mauvaise et collante, synonyme pour lui, de barrage.

Après le déjeuner, il ira téléphoner à ses parents, qui attendent, c'est sûr, à Annecy le Vieux, si le dernier, le petit, va leur ôter, ce poids infini, qu'ils portent anxieux, en eux, depuis toujours : son avenir, son futur.

C'est fait, cela a été du plus pénible, et Adrien, sensible, a bien senti la déception immense, pourtant relativisée, avec force d'amour maternel et paternel. Ses parents lui ont proposé de rentrer de suite. Adrien, leur demande de patienter.

- oui, maman, mais je préfère venir plus tard, j'ai encore quelques trucs à faire ici.

Ce n'est pas le genre d'Adrien, de faire cela en solitaire, mais cet après midi, il trouve dans son secrétaire délabré, le restant d'un joint.

Les chansons de Manset, et celles de Gainsbourg, dans son vieil appareil, étendu sur son lit, chichon au bec, les volutes de fumée, emportent au loin de son esprit, vers le ciel, ses papillons noirs ainsi colorés de suie, par son échec. Il repense également à cette information donnée par son père, sur la détérioration de santé de sa grand-mère...

Cannabis+Smoker1.jpg

 

 

Les jours et les heures qui suivent se ressemblent, comme disent les auteurs, qui ne veulent surtout pas se fouler avec des  transitions, Adrien,expédie ses affaires courantes.

 Entre temps, il a reçu un nouvel appel de son père, sa grand-mère Marcelline, est au plus mal. Le mot fin, à même été prononcé, avec ce qu'il faut de gravité, pour susciter en lui, le début d'un chagrin, pour cette femme emplie d'amour à

son endroit.

 

Trois heures de retard, la SNCF, est décidément aussi, une malade chronique de la chose publique, au même titre que l'enseignement, l'histoire ou la santé, pensait Adrien, irrité.

 Debout, bousculé, compressé et bloqué dans un compartiment surchauffé, il poireaute dans l'Ain, deux heures durant, en gare de Bellegarde-Valserine.

 Enfin, il parvient à Annecy. Antoine, son père bienveillant est là, pour l'accueillir.

gare-annecy.jpg

 

- Salut P'a !

 Et ils s'embrassent (ce que son vieux ose depuis peu, enfin débarrassé, l'âge aidant, de cette stupidité à ne pas vivre ce tendre élan aussi entre hommes)

 - C'est toujours le bordel, ici, tu vois Adrien ! Qu'elle circulation encore ce soir…

 Avant que d'arriver à destination, rue des Mouettes, son père, a le temps de lui expliquer longuement, la probable et inéluctable fin de vie de sa mère.

 

Les yeux d'Adrien, il s'en cache bien, en regardant de côtés, ses voisins coincés devant ce putain de feu au loin, sont embués de tristesse. Avant l'arrivée à l'appartement familial, il ne regardera plus son père, de peur de trouver dans les siens matière à partager cette faiblesse, cette noblesse du cœur, qui permet de sangloter ensemble, sur un être cher...

 

Polycarpe ( Christian Cornier)

 

La suite dimanche prochain.

08:33 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

18/05/2018

COMPOSTELLE...


CORNIER Christian - Le diable n’arrivera pas à Compostelle.

Année de parution: 2013
Langue: Français French fr

(FRA. Cleopas. 2013) : roman.
  DIABLE.jpg

  •  Novembre 2013
      15:27
    CORNIER Christian - Le diable n’arrivera pas à Compostelle.

     Ce roman après des détours (du diable) et des tours (de cochon) tente de répondre à ces existentielles questions.
    Prenez du temps avec lui, avec elles, et avec moi, suivons sans ennui, Ferdinand, dans ces chemins de terre qui ne mèneront pas ce vain libertaire à Compostelle.

    Adrien, encombré de ce bagage familial trop pesant, remet lui, ses pas dans ceux de son grand-père, et nous éclaire un peu, dix ans après, sur le mystère entourant ce tragique pèlerinage un tantinet libertin...

08:56 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |

16/05/2018

J'EN VEUX ENCORE... à 67 balais en Juillet


16:44 Écrit par Polycarpe | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook | | |